Avec la montée des prix des produits de première nécessité, les Irakiens n’ont pas le moral au beau fixe en ce début de mois de Ramadan.
« Avant, le Ramadan en Irak était un symbole d’abondance mais, maintenant, c’est une véritable torture pour beaucoup de familles. Depuis le début du jeûne, on a pu manger de la viande qu’une seule fois et c’était parce qu’un cousin nous en avait donné. En fait, on ne peut s’offrir que du riz et des lentilles. C’est le résultat d’une guerre injuste dont les seules victimes sont les Irakiens les plus pauvres. » déclare Hala Bakar, un père de famille de 43 ans vivant dans le quartier de Kadhmiyah à Bagdad.
Abdullah Saïd, un jardinier de 41 ans, l’approuve : « Pendant le Ramadan, nous avons besoin de donner d’une alimentation riche et saine à nos familles pour qu’elles puissent supporter le jeûne. Cependant, avec cette gigantesque montée des prix, on ne peut même pas avoir sur notre table de la viande, des noix ou même des dates alors que le pays en exporte. Le gouvernement n’a aucune politique de contrôle des prix, ce qui permet aux commerçants d’imposer leurs prix, faisant ainsi du ramadan un mois infernal. »
En effet, les autorités semblent quelque peu dépassées par les évênements.
« C’est difficile pour l'Etat de surveiller tous les marchés et magasins d’Irak. Nous avons été informé de la fixation de prix abusifs dans de nombreuses zones, notamment la capitale. » avoue Zainab Ala’a du ministère du commerce.
« Le problème vient des distributeurs qui fixent des prix élevés. Je ne peux pas vendre moins cher que je n’ai acheté. » se défend Mounir Qais, un commerçant du quartier de Sadr City (ou Madînat Al-Sadr).
Un autre vendeur, Hassan Fayeed, pointe du doigt le retour des familles qui s’étaient exilées au plus fort du conflit.
« La demande est forte et l’offre est basse. En fait, les distributeurs ont vu qu’on avait besoin de plus de produits et qu’on vendait davantage. Alors, ils ont décidé de monter les prix. Après, c'est nous que les gens blâment. » continue-t-il.
La semaine dernière, deux commerçants ont été tués pour avoir vendu des produits pour 80% plus cher que le prix habituel.
« Je préfère fermer boutique que de me faire tuer. Je ne rouvrirai qu'après le Ramadan. Peut-être que d’ici là les prix auront baissé et qu’on ne recevra plus de menaces de mort. » conclut Mounir Qais.
Source :
Article sur IOL (Anglais)